Poule vs. pull: pour une pratique triathlétique libre et décomplexée

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La poule plutôt que le pull: pour une pratique libre et décomplexée du triathlon

 

La parole du Maître

‘est le sac vert au fond

En fait si on regarde de pres, je vois pas comment on pourrais mieux disposer le velo et le materiel.

pour la poule , elle a tout de suite reperé l’endroit sur pour faire un coco. je pense que lon ferais mieux de faire confiance a linstinct annomal pour juger des bonnes protections mise en oeuvre pour le transport du velo , un bon nid bien douillet en somme. jai ete obligé de la chasser !

si c’est une poule qui pond. seulement elle a fait son coco le matin, je pense que la, elle venait juste en reperage.

nous avons evoqué le transport du velo qui est notament composé dune coque en carbone, la cocotte , specialisé dans les cocos, a tout de suite remarqué, le haut niveau de protection de la coque en carbone de mon velo. si elle le pense, on peu lui faire confiance.

 

Exégèse

La publication par le Maître de la photo de son garage (voir ci-dessus) a suscité bien des commentaires – et de lourds questionnements.

Car enfin, n’est-il pas entendu qu’un athlète de haut niveau, double Ironman finisher, se doit de prendre un soin méticuleux de son matériel, et de ranger avec une attention maniaque les outils par lesquels il bâtira sa performance: son vélo de Contre La Montre, ses chaussures, son matériel de natation….?

La photo publiée par le Maître vient remettre en question ce préjugé, et nous invite à nous interroger sur l’importance relative que doivent prendre les objets et les êtres dans notre existence. Car de fait, cette image nous interpelle: au fond, n’y a-t-il pas parfois un certain surinvestissement financier et émotionnel dans le matériel et les soins qu’on lui apporte au sein de la communauté triathlétique? Combien de fois avons-nous entendu ces reproches d’être chers, qui nous accusaient de prendre plus soin de nos vélos que de nos conjoints ou enfants?

Par le simple truchement d’une photo de son garage, le Maître nous rappelle judicieusement qu’il convient certes de traiter le matériel avec respect, en le posant délicatement, mais qu’il est inutile de succomber à une maniaquerie excessive: le temps passé à parfaitement ranger et nettoyer son vélo ou ses chaussures (et son garage…) pourra utilement être mis à profit pour servir des objectifs plus nobles, tel que la sauvegarde de notre planète ou l’entretien du lien social.

Ainsi, par cette simple image, le Maître plaide vigoureusement en faveur d’une pratique décomplexée du triathlon, réfutant les clichés, abrogeant sans appel l’image du triathlète égoïste, obsédé par son matériel et maniaque du rangement et de son vélo, au profit de l’image de l’honnête homme, dégagé des contingences matérielles, et sensibles aux aspirations les plus nobles.

Mais évidemment, la portée symbolique de cette image ne s’arrête pas là. La question fondamentale – et même cruciale – soulevée par ce document concerne la présence de La Poule. Certes, l’esprit faible n’y verra qu’un signe supplémentaire de désordre, mais le sage ne peut évidemment pas s’arrêter à cette interprétation plus que sommaire.

Car de même que certains, en contemplant une oeuvre de Marcel Duchamp, n’y voient qu’un urinoir, de même, les plus avisés y voient beaucoup plus, car ils savent que tout est dans le regard posé et la symbolique sous-jacente. Quel est donc ce message que le Maître nous envoie? La poule est-elle une réminiscence lacanienne du pull, objet fétiche du triathlète en piscine? Par sa simple présence, en tant que substitut symbolique du pull, elle complèterait alors parfaitement, avec le magnifique vélo de contre la montre (modèle Felt B12) et la chaussure de running, la trinité divine du triathlon: swim,  bike & run.

Ou bien sa signification est-elle encore plus profonde? D’après le Maître, la poule pond. Elle nous donne ainsi l’image d’une poule pondeuse libre et heureuse, se promenant où bon lui semble, tout à l’opposé de la vaste majorité de ses consoeurs élevées dans l’univers sordide et concentrationnaire des batteries d’élevage. Là encore, on peut y voir une métaphore de la liberté. Le Maître nous démontre ici que certains êtres d’exception ne trouvent pas leur bonheur dans la servilité vis à vis de l’opinion majoritaire, et dans le suivi aveugle de consignes aussi traditionnelles qu’arbitraires. Ils trouvent leur bonheur dans l’indépendance d’esprit, l’exercice de leur libre arbitre, dans la liberté, cette liberté qui leur permet de tracer leur route, indépendamment des modes et des interventions malveillantes, des contraintes matérielles et des difficultés, insensibles à l’échec, animés par la beauté de leur rêve, la grandeur de leur ambition, leur génie scientifique et créatif… Jamais ils ne se laisseront abattre par les rabat-joies et les pisse-froid que cette liberté agace, tant elle leur est étrangère et inaccessible, et qui voudraient acrimonieusement les rabaisser au rang subalterne et au triste sort qui est le leur, celui d’exécutant servile tout juste bons à entrer dans un moule déjà coulé, violant leur corps pour poursuivre des objectifs sportifs ou financiers purement matériels, en une course sans fin ni finalité morale ou sociale.

Selon Lautréamont, la littérature est « la rencontre fortuite d’une parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection ». En postant la photo de son garage, peut-être le Maître veut-il nous signifier que de même, l’essence du triathlon est dans la rencontre fortuite du Felt, des runnings et de La Poule, symbole d’une pratique décomplexée, libre et heureuse.

 

4 réflexions au sujet de « Poule vs. pull: pour une pratique triathlétique libre et décomplexée »

  1. Et voilà, il n’est même plus besoin de démontrer quoi que ce soit en matière de brosse à reluire.
    Toujours dans l’outrance: entre prendre soin ordinairement de son matériel et brandir la chiffonnette du matin au soir, il y a un gouffre qu’il n’hésite plus à remplir avec des arguments (soit-disant 2ème degré) plus fallacieux les uns que les autres.
    Il s’agit de sa voiture et non du garage !
    ED qui se prévaut d’être le futur (jamais) sauveur de la planète, de manipuler les « pouillème » comme sylver nomme si bien les données chiffrées, quand on connait la méticulosité de ses ajustements sur son bôvélô et qu’on voit ce qu’on voit là, ça mérite quand même les remarques des personnes de bon sens.
    Sylver, le roi des mystificateurs qui encense le roi des fabulateurs. Quelle tristesse!

    ED, t’inquiètes pas pour moi, je viens ici pour me détendre, je joue ton jeu débile, je pousse volontairement à la roue pour voir jusqu’à où vous êtes capable d’aller tous les deux. Entre chaque, j’ai le temps de faire tout ce que j’ai à faire et là, c’est ma récré.
    Tiens, juste un truc, mes poules ont 4000m2 de terrain chez moi. Bon, elles virent parfois les pots de fleurs sur les fenêtres et me collent du guano sur les marches, mais bon, c’est un choix. Elles ont aussi les champs des voisins et rendent visite à mes biquettes ou la ponette qui elles sont en train de tondre écologiquement les bords de fossés et les pelouses.
    Le respect de l’environnement, passe par des petits gestes quotidiens (1 seul fois la tondeuse l’an passé et mes voisins zéro) les fossés propres sans herbicides, et j’en passe. Pas besoin de rêves de grandeur et d’usine pour se sentir utile.
    Bon, tout ça, pour l’un comme l’autre, tellement enfermés dans vos délires que vous êtes, vous vous en battez les noix. Ben ouais et malgré les apparences, moi de même. ED m’a dit à Embrun que c’était un jeu, alors jouons!

  2. Putain, c’est mortel !!! :-))
    Toi et Ericd vous vous êtes bien trouvés comme on dit…par contre, si vous faites des petits, faudrait les noyer dès la naissance, hein… :-}

  3. Tu deviens cliniquement inquiétant Monsieur l’auréole car comme le dit Fayard, tu ne vas pas assez loin pour lui trouver des excuses.

    Je pense que là, tu as un souci aussi profond que zozo.

    Franchement, je suis un bolosse et j’adore mon matosse, j’adore le nettoyer puisque détestant rouler avec un vélo dégueulasse et pourtant, je m’occupe parfaitement de ma famille. Et moi-même, je me nettoie seul.

    Je suis l’homme parfait, clean et nickel chrome.

    Par contre, Éric n’a ni femme, ni gosses, aucune contrainte, libre comme jamais je ne le serai, puisque son projet, c’est du vent, bref, aucune excuse. Et pourtant, il est plus nul d’année en année.

    Mais, finalement, à quoi je sers ?

  4. Ca faisait longtemps que je n’étais pas passé par ici. Excellent ! Merci. Je me suis délecté du début à la fin.
    Le talent rhétorique ne serait-il pas la fameuse pierre philosophale longtemps cherchée ?

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